I don’t care about Houston

Flinders Street station est une sorte de Châtelet-les-Halles, sans le sexshop en face de l’église et sans la gare qui schlingue.

Je pensais arriver en Australie pour y rencontrer des cow-boys et des grands surfeurs avec une dent de requin accrochée autour du cou. Observer des kangourous sautiller dans le bush au soleil couchant, puis finir mon road trip avec classe, en me faisant bouffer par un crocodile, ou un truc comme ça.

DSC_9650_melbourne_princes_bridge
Princes Bridge

En réalité, la première chose qui m’a choqué, c’était cette multitude de froggies qui pullulaient en Stan Smith dans les rues de Melbourne. Dégueulasse.
Oui, le français a horreur de croiser ses semblables quand il est à l’étranger. Et plus le pays est lointain, pire c’est.
La deuxième, c’était leur ouverture d’esprit, presque palpable, avec une immigration très hétéroclite : des noirs, des arabes, des indiens, des roms, des asiatiques.
Enfin, ce côté friendly qui, pour un parisien, pouvait paraitre assez provocateur.
Ben ouais, on a peut-être notre pudeur mais on est authentiques. Alors on va mettre les choses au clair tout de suite. Avec le parisien, il ne faut surtout pas :

  • Le laisser sortir du tramway avant de monter dedans
    Ni même lui sourire, bordel, tu te crois où ? Fonce dans le tas, mon gars !
  • Lui demander comment s’est passée sa journée quand t’es caissier au supermarché
    Que veux-tu qu’il te réponde ? « Ca va, merci. Et toi ? » T’es caissier, il est parisien, évidemment que vous avez passé une journée de merde tous les deux. Donc évite le dialogue et active la cadence. 
  • Lui sourire et/ou lui dire bonjour dans la rue
    Ce n’est pas parce que vous habitez le même quartier que vous avez élevé les koalas ensemble.
  • Rigoler à ses blagues alors qu’elles ne sont pas drôles
    Ok ça tu peux. On sait aussi être hypocrites à Paris. Mais ce n’est pas à un vieux singe qu’on apprend à faire la grimace. 

L A    M I N U T E    C U L T U R E

Avec plus de 4 millions d’habitants et 140 nationalités représentées, on surnomme Melbourne « Paris des antipodes ». En 2006, près d’un quart de la population de l’État du Victoria était née outre-mer et la ville abritait des résidents de 233 pays, qui parlaient plus de 180 langues et dialectes et pratiquaient 116 confessions religieuses. Elle a plusieurs fois été élue « ville la plus agréable à vivre au monde », devant Vancouver et Vienne. C’était La minute culture, le reste, c’est par ici. Revenons-en à mon histoire, plutôt.


T H E    C I T Y

DSC_9745_melbourne_CBD
CBD From Eureka Tower

O Ù    M A N G E R    F R A N Ç A I S    À    M E L B O U R N E    ?

En débarquant en Australie, la première question que je me suis posée était une question de bon sens : « Où est-ce que je vais pouvoir bouffer français ? ».
Ouais, euh… Comment dire ça sans te vexer ? Ta cuisine, c’est de la merde. On n’est pas le pays de la bouffe pour rien, donc ton fish & chips et ton barbecue (enfin tes planchas sans saveur parce que, même ça, t’as réussi à le massacrer), c’est bien sympa, mais ça va 5 minutes. 

DSC_9286_melbourne_public_library
Public Library

J’ai trouvé tout ce qui m’était vital, à condition d’y avoir mis le prix. C’est-à-dire qu’il ne fallait pas compter moins de $10 le camembert en supermarché et de $30 à $50 pour une planche de charcuterie ou de fromages en terrasse. Quant au vin, il fallait compter minimum $20 pour une bouteille qui ne me faisait pas vomir mes intestins dans le caniveau.
Non mais, franchement… Vous avez déjà goûté le goon ? « Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse » disait de Musset. Ouais euh, Alfredo, balance le verre de mort-aux-rats, plutôt.
J’ai également noté que leurs bouteilles n’avaient pas de bouchons en liège, juste des bouchons à vis.
Ce qui est du grand n’importe quoi, on est d’accord, mais c’était toujours moins compliqué à ouvrir quand j’étais torché.
J’ai tout de même dégoté une délicieuse crêperie abordable (entre $10 et $15 la crêpe), une boulangerie avec de vraies baguettes et de vrais pains au chocolat ($4,5 l’unité ou $10 les 3) et un café qui faisait des jambons beurres ($9).
Oui, c’est cher, mais quand on aime on ne compte pas. En outre, tu trouveras du fromage digne de ce nom dans le South Melbourne Market et dans le Prahran Market.

DSC_9566_flinder_street
Flinders Street railway station

M E L B O U R N E    E N    J O U R N É E

Dans la city, Flinders Street station apparaissait comme le lieu de croisement de la métropole. C’était une sorte de Châtelet-les-Halles, sans le sexshop en face de l’église et sans la gare qui schlingue. Avec des toilettes propres et du wi-fi. Gratuits. D’ailleurs, Melbourne était la première ville d’Australie à expérimenter le free wi-fi sur son territoire, avec 45 minutes par jour et par personne. Et ça fonc-tion-nait.

DSC_9954_flinders_street
Flinders Street railway station

La seule chose qui m’ait agacé en sortant de cette gare (et qui m’a d’ailleurs agacé partout à Melbourne et dans chaque grande ville Australienne), c’était leurs passages piétons. J’ai vite senti qu’en tant que voyageur pédestre, je n’étais pas le bienvenu dans les rues. Ainsi, j’ai dû prendre mon mal en patience à chaque intersection.
Par ailleurs, je me suis demandé comment faisaient les petites vieilles pour traverser, vu la vitesse à laquelle le vert piéton passait au rouge. Puis je me suis dit qu’il y avait très peu de petites vieilles dans les rues. Puis je me suis dit qu’ils avaient tous de gros 4×4 avec de gros pare-buffles. Puis je me suis demandé si c’était une coïncidence.
D’ailleurs, n’essaie pas de traverser au rouge, c’est $78 d’amende. Et ils appliquent la sanction. Oui, oui.

DSC_9707_melbourne_shrine_of_remembrance
Shrine of Remembrance

Je me suis également arrêté sur leur rhinocéros dans le tramway. Je l’ai analysé et après mûre réflexion, je me suis dit qu’il était bien sympa, mais s’ils pensaient rivaliser avec Serge, ils se fourraient le doigt dans l’oeil jusqu’au coude, en passant par le trou de balle.
Ben ouais, un rhino qui fait du skate c’est impossible parce que ça défie toutes les lois de la physique. Réfléchis. Alors qu’un lapin rose qui porte des Converse, je ne vois pas le problème.

montage 1
Ian Potter Centre – ACMI

Après avoir refusé les flyers de deux mormons et d’un membre d’une secte d’allumés adorateurs de Jésus, je me suis retrouvé dans un quartier à l’architecture douteuse : Federation Square. J’y ai pourtant trouvé l’endroit culturel de Melbourne, avec des musées et des salles d’exposition. L’ « endroit » au singulier car, à quelques exceptions près, tout était concentré autour de Flinders Street.
Oui, en Australie, il n’y a qu’UN quartier consacré à la culture dans chaque grande ville.
J’étais donc très loin du millier de salles parisiennes réparties sur tout le territoire. En revanche, en ce qui concerne les bars et le shopping, je ne manquais de rien.
Car les australiens ont le sens des priorités.

Dans les différents lieux explorés de ce quartier, la Nationale Gallery of Victoria m’avait convaincu par sa diversité.
Pour les adeptes du pays du Soleil Levant, il y a une salle entièrement consacrée à la sculpture japonaise. Il y a aussi une partie sur l’art Maya. Je sais, ça n’a rien à voir mais j’ai bien aimé.

Le Ian Potter Centre (photo ci-dessus) m’a impressionné par son architecture intérieure et passionné par son art contemporain.

Quant à l’ACMI (Australian Centre for the Moving Image, photo ci-dessus), il m’avait rappelé à quel point je n’étais plus tout jeune. J’ai pris un sacré coup de vieux quand j’ai vu les premières consoles et les premiers ordinateurs que j’avais utilisés, jadis, se retrouvaient dans un musée dont les gamins touchaient les pièces avec des pincettes, comme si elles pouvaient être porteuses de maladies moyenâgeuses.
Eh ouais, gamin ! Ma grand-mère a peut-être connu la Seconde Guerre mondiale, mais moi j’ai connu le Pentium II et de l’Internet 56k. Alors un peu de respect, petit con. 

Également, tu trouveras une flopée de festivals sur ce site.

DSC_9323_melbourne_south_bank
Yarra River

M E L B O U R N E    D E    N U I T

En sortant le soir, j’ai dû m’habituer aux coutumes locales : en 2017, les filles sortaient sans pantalon dans les rues de Melbourne. Mais, ce qui m’a choqué, ce n’est pas qu’elles pussent le faire. C’était une bonne chose pour leurs libertés individuelles, puis ça me changeait de Paris et des nanas qui se faisaient traiter de pute, parce qu’elles avaient le malheur de porter une jupe en-dessous des genoux. Non, moi, ce qui m’a surtout choqué, c’était que, pour un mec qui venait de la capitale de la mode, la manière dont ces filles étaient habillées, d’un point de vue tendance… c’était franchement moche.
Bordel, les filles, il est pourtant stipulé, noir sur blanc, dans le Règlement Intérieur de la Ville de Melbourne qu’« il est rigoureusement interdit de se tartiner la gueule avec plus de 3 couches de fond de teint et de porter une nuisette satin « ras-la-moule-ras-le-boule » et des talons de 12 centimètres avec lesquels tu ne sais définitivement pas marcher pour aller bouger ton fion de sauterelle à la soirée de Bryan WhiteTeeth qui de toute façon se tapera Jennyfer BigFakeBoobs », sans oublier l’alinéa B-18, lui aussi très clair :« c’est interdiiiiiit putaaaaaain mais meeeeeeerde ». Je n’invente rien.
Par ailleurs, le décalage était assez choquant avec les garçons, irréductibles gaulois du t-shirt, short et chaussettes au dessus des chevilles (le fameux trio gagnant).
Alors, de deux choses l’une, les filles : soit vous vous rhabillez, soit vous demandez aux garçons de se foutre à poil, mais ça ne peut plus continuer. T’as déjà vu un pigeon voler avec un Faucon Millenium ? Non ? Bon.

DSC_9786_melbourne_docklands
Docklands

D O C K L A N D S

J’ai eu le temps de croiser d’autres quartiers, tel que Docklands. Celui-ci était en pleine construction mais allait devenir hype en très peu de temps. Des bars y fleurissaient jour après jour et c’était l’un des seuls endroits (avec South Bank) qui avait une proximité avec les quais. En outre, il était encore facile d’y dénicher des collocations, même si j’ai essentiellement trouvé des appartements loués par des asiatiques, avec des étudiants qui dormaient dans des tentes de fortune au milieu du salon. Ce n’était pas ma culture et même si je trouvais ça inhumain d’entasser 4 pauvres types dans une pièce commune, ce n’était pas le problème principal.
Personne ne les forçait à payer.

DSC_9762_melbourne_docklands
Docklands from Eureka tower

Ce qui m’a vraiment vénère, c’est que les appartements étaient parmi les plus dégueulasses que j’ai eus à visiter et que ces connards étaient les seuls à me demander d’enlever mes chaussures avant d’entrer.
Ah ça, les ongles de pied sales et le miettes dans le lit, c’était pas grave. Une paire de chaussettes propres souillée par ta moquette dégueulasse, t’en avais rien à carrer. Mais une paire de pompes neuves, là non, c’était au dessus de tes forces et ça allait à l’encontre de tous tes principes. 


T H E    S U B U R B

Fitzroy_Melbourne_2
Fitzroy

F I T Z R O Y    &    P R A H R A N

Une chose est sûre : autant rien ne vaut Paris, autant tout est préférable à sa banlieue. Et la périphérie de Melbourne était presque aussi fascinante que la métropole intra-muros.

En m’éloignant un peu du centre ville, j’ai trouvé deux quartiers de hipsters, Fitzroy et Prahran. Le programme était simple : des bars branchouilles à $11 la pinte, des galeries d’art à $1.500 la croûte, des boutiques à $150 la chemise (ou des boutiques « second hand », parce que ça fait plus « so vintage ») et du street art plein les murs.
La seule différence entre ces deux quartiers, c’était que Fitzroy était, à l’instar de Brooklyn ou Barbès, en pleine gentrification. En d’autres termes, Prahran faisait quartier de petit bourgeois, pendant que Fitzroy faisait quartier malfamé.

Pour plus d’informations, tu peux lire mon article sur la banlieue de Melbourne « Is the sky going to fall on my head? ». Tu verras, j’y ai fait des rencontres passionnantes.


F O C U S    P H O T O G R A P H Y

DSC_9574_shrine_of_remembrance
CBD from Shrine of Remembrance

Q U E L Q U E S    R È G L E S    É L É M E N T A I R E S

Comme à Paris, j’ai croisé beaucoup de touristes asiatiques qui mitraillaient sans même cadrer dans les rues de Melbourne. Beaucoup trop ? Tout ce que je sais, c’est que j’en ai foiré des photos à cause d’eux. Et comme l’a si bien dit Louis CK : « Si les meurtres étaient légaux, ou juste une amende, qui sait ce qui se passerait ? J’aimerais pouvoir dire que je suis quelqu’un de bien mais, honnêtement, j’en sais rien ! ».
D’ailleurs, le Règlement Intérieur de la Ville de Melbourne est, encore une fois, très clair. Il est rigoureusement interdit de :

  • Se prendre 500 fois en photo pour avoir LE bon selfie.
    Personne ne va se dire « Ah ! J’allais liker mais sa mèche était 2 cm trop à gauche, dommage ».
  • Avoir une perche à selfie.
    Posséder un objet qui ne sert qu’à prendre des photos de soi est le summum du narcissisme.
  • Faire semblant de porter le soleil, paumes tendues, pour faire un trompe l’oeil.
    C’est bidon, vu et revu.
  • Faire le V de victoire.
    Has-been.
  • Avoir sa bouche en cul-de-poule.
    Has-been².
  • Faire semblant d’être pris en photo par quelqu’un d’autre.
    Quand t’es tout seul, t’es tout seul.
  • Etre là.
    Bon, ok, t’as le droit. Mais quand un vrai photographe essaie de travailler, tu lui fous la paix. Et tu portes son sac.

Et si tu veux savoir comment ne pas te comporter pour le reste de tes voyages, je te conseille le photographe Martin Parr, qui se fout régulièrement de ta gueule.

Sinon, sache qu’à Elizabeth Street, la boutique Michaels Camera possède un petit musée de la photo gratuit à son premier étage. Cette enseigne historique, ouverte en 1916 à Melbourne (101 ans !), fait souvent des petites animations, comme des conférences, du free print, des concours ou des expositions photo.

DSC_9859_melbourne_CBD
CBD
montage 2
St Paul’s Cathedral – 90 Collins Street
montage 3
Queen B – CBD
DSC_9446_melbourne_docklands
Docklands

A D V E R T I S E M E N T

N’hésite pas à suivre ma page Facebook, mon compte Instagram et à t’abonner à mon blog (bouton bleu dans la sidebar) ! Je me débrouille toujours pour que mes articles soient lisibles en 5 minutes. C’est le temps en moyenne qu’un être humain passe à :

  • Sa pause clope
    Si t’en as rien à branler de ce que racontent tes collègues.
  • Attendre son métro
    Franchement, entre ça et le 20 Minutes…
  • Coïter
    Si tu t’ennuies.
  • Aux toilettes
    Le lieu idéal.
  • Lire autre chose que mon blog
    Rigoureusement interdit !

Imagine un français. Imagine un parisien. Imagine un snob. Voilà. Ferme les yeux. Mélange les trois. Qu’obtiens-tu ? Tu obtiens un français qui passe son temps à jurer et qui pense que rien n’égale sa culture, un parisien égoïste et antipathique qui pense que toute la France se résume à Paris et un snob, éternel insatisfait et asocial. « Le snobisme, c’est une bulle de champagne qui hésite entre le rot et le pet. » – Serge Gainsbourg

Une réflexion sur “I don’t care about Houston

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s