At World’s End

La Nouvelle-Zélande est remarquable par le nombre d’animaux morts que l’on croise sur le bord de la route.

Je dirais à peu près un tous les 300 mètres, mais il était parfois difficile de savoir si je devais compter un ou deux cadavres quand l’animal paraissait décapité.


LA    M I N U T E    C U L T U R E

Avec 12 heures de décalage horaire, c’est le pays le plus éloigné du globe par rapport à l’Hexagone. Même en allant à Hawaï. L’île paradisiaque est simplement moins loin en partant vers l’Ouest.
En outre, les deux îles qui composent le pays d’Océanie seraient, en réalité, sur un autre continent : Zealandia. Cette immense terre serait presque totalement immergée sous l’océan Pacifique, où seules la Nouvelle-Zélande et la Nouvelle-Calédonie seraient encore visibles. Merci Jamy ! C’était La minute culture. Le reste, c’est par ici. Revenons-en à mon histoire, plutôt.


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Arrivée : Christchurch International Airport pour une nuit d’hôtel bien méritée.
Je te le conseille tout de suite, ne prends pas le taxi à l’aéroport, même pour faire 20 minutes de trajet. J’en ai eu pour $100 NZD l’aller-retour à cause de leurs taxes aéroportuaires de merde et, à ce prix-là, c’était sans vaseline.


A R T H U R ‘ S    P A S S    N A T I O N A L    P A R K

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Arthur’s Pass National Park

La première étape était Arthur’s Pass National Park. C’est le premier parc de l’île du Sud et le deuxième du pays. À seulement 1h30 de l’aéroport de Christchurch, cet endroit me paraissait incontournable.

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Arthur’s Pass National Park
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Arthur’s Pass National Park
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Arthur’s Pass National Park
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Arthur’s Pass National Park
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Arthur’s Pass National Park

Je me suis senti plongé directement dans l’univers néo-zélandais. C’était un autre monde. Par exemple, au visitor centre, on pouvait notamment apprendre, grâce à de belles affiches murales, comment « mourir pendant sa randonnée » ou comment « tuer un animal en le nourrissant ». En allant aux toilettes, on pouvait également apprendre à « détecter un cancer du colon ». J’ai vite senti le décalage culturel.


FROM    H O K I T I K A    T O    M T .    A S P I R I N G    N . P .

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Hokitika

Puis je suis allé dormir à Hokitika. C’était une petite ville de la West Coast qui ne payait pas de mine, au premier abord. Mais quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’y ai déniché cette sublime sculpture.
Voilà. Nous, on a la tour Eiffel, le Louvre et Notre-Dame de Paris. Eux, ils ont ce bidule en bois flotté et la première galerie d’art à 20 km du centre-ville. Il n’y a pas de sotte culture.

La suite du voyage s’est effectuée à Fox Glacier, avec une météo plus que défavorable. Je ne suis donc, hélas, pas resté longtemps. En même temps, visiter un glacier avec un sweat à capuche et une paire de baskets n’était peut-être pas très dégourdi de ma part. Qu’à cela ne tienne, j’étais plutôt venu voir le Mount Cook et je savais que je pourrai l’admirer de l’autre côté du parc, sur le chemin du retour.

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Bruce Bay

Sur la route entre Fox Glacier et le parc suivant, j’ai pris le temps d’aller voir Bruce Bay et les quelques lacs sur le chemin, puis j’ai visité le Mount Aspiring National Park par un temps de gueux. Étonnamment, le temps hostile donnait une dimension catastrophique au parc naturel qui lui allait à ravir, mais qui était très difficile à capter en photographie.
Tu trouveras la plupart des photos de ce parc et de Bruce Bay dans mon article « Take me somewhere nice ».


F R O M    L A K E    H A W E A    T O    T E    A N A U

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Lake Hawea

Ensuite, j’ai repris la route et je suis allé dormir dans une cabane, au fin fond d’un camping pourrave, au Lake Hawea. À peine avais-je eu le temps d’admirer le point d’eau que la nuit tomba précipitamment. Le lendemain matin, vers 7 heures, le temps était tel que je ne pouvais pas apercevoir le lac à plus de 10 mètres. Ce n’était qu’une simple nuance de gris qui n’aurait même pas fait rougir Soulages mais qui aurait certainement plu à Sugimoto.

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Lake Hawea

Et, pour ma défense, je veux bien prendre des photos dans les climats les plus extrêmes s’il le faut mais, là, franchement, ça n’avait aucun intérêt.
Vers 9 heures, le ciel a commencé à se dégager et j’ai pu capturer une longue exposition du Lake Hawea (photos ci-dessus).

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Wanaka Tree – Lake Wanaka

Après avoir quitté le camping, j’ai fait une virée au Lake Wanaka pour voir le Wanaka Tree (photo ci-dessus), à 15 minutes en voiture. C’était la première fois, depuis de longs kilomètres, que je voyais autant de civilisation.

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Crown Range Road

Déçu par tant de chaleur humaine, je suis reparti de Wanaka à Te Anau, en passant par Crown Range Road, qui est la route la plus haute et l’une des plus dangereuses de Nouvelle Zélande (photo ci-dessus).
Bon, ok. En été, il suffit de rouler doucement, d’avoir un véhicule avec un peu de pêche et il n’y a pas plus de risque que sur une nationale à Flétri-le-Pinson. Ceci dit, en hiver, fais gaffe à tes miches, malheureux.

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Lake Wakatipu

Après avoir risqué ma vie sur cette route de l’extrême, je suis arrivé dans la ville de Queenstown, bordée par le Lake Wakatipu (photo ci-dessus) et ses montagnes Double Cone, avec une météo moins hostile.


F I O R D L A N D    N A T I O N A L    P A R K

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Milford Sound

J’ai débarqué à Te Anau – qui était sans doute la ville principale du Fiordland National Park – dans une espèce d’hôtel miteux pour backpackers. C’était certainement le point essentiel de mon road trip et j’avais déjà parcouru près de 1 000 km pour venir voir Milford Sound. Ces deux jours dans le Sud de l’île ont fait partie de mes 3 jours de pluie sur 7 jours de voyage.
J’aurais préféré qu’il pleuve le jour de mon mariage, certes, mais je recommencerais sans hésiter, car ça en « vallée » la peine.

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Eglinton Valley

En partant du Lake Te Anau, il était possible de prendre des ferries pour voir une partie du fjord. Personnellement, j’ai préféré faire une croisière à Milford Sound, pour avoir le temps d’admirer la route de 2 heures sur laquelle j’ai pu croiser Eglinton Valley (photo ci-dessus), Mirror Lakes et Mount Talbot. En arrivant en haut de cette montagne, le thermomètre de ma voiture affichait 3°C, contre 15°C à sa base. Un seul flanc de cette montagne possédait autant de chutes d’eau qu’il n’y avait de jours de pluie en Nouvelle-Zélande par an. En levant les yeux, je pouvais apercevoir ces cascades à travers les branches des arbres qui entouraient la route. Hélas, les lacets étaient trop dangereux pour m’arrêter capturer des images.
Mais comme je suis sympa, je t’ai fait un schéma.

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Milford Sound

Quant à la croisière à Milford Sound, elle aurait été presque parfaite si je faisais l’impasse sur les touristes et les « sandflies ».
Ces minuscules mouches ont débarqué en bande et m’ont piqué comme des morfales. La seule différence avec les moustiques, c’est qu’elles étaient très lentes, un peu comme des zombies. Ainsi, tout comme Rick, j’ai pu leur exploser la gueule dès que j’en ai eu l’occasion. En tout, j’ai dû en buter une cinquantaine, car les répulsifs hors de prix ne servaient à rien. Il aura fallu attendre un voyage en Nouvelle-Zélande pour que je puisse, enfin, m’accaparer la culture australienne authentique, prêt à commettre mon premier génocide, des étoiles plein les yeux.
Je ne suis pas du genre à buter tout ce qui est petit et qui vole mais, cette fois, j’ai considéré ça comme de la légitime défense.

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Milford Sound

Mis à part ça, paysages spectaculaires, lions de mer et nausée étaient au rendez-vous. En somme, une croisière réussie.
Note comme les lions de mer ressemblent à des étrons magnifiquement échoués sur un rocher.


F R O M    T E    A N A U    T O    C H R I S T C H U R C H

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Lindis Pass National Park

Après avoir vu tout ce que je voulais voir en Nouvelle-Zélande dans ma vie avant de crever, j’ai décidé de faire le retour à Christchurch en deux fois, en ayant absolument aucune idée de ce que j’allais découvrir sur la route. J’y ai croisé des paysages insoupçonnés et désertiques, et encore beaucoup d’animaux décomposés qui semblaient sortir tout droit des Mémoires d’outre-tombe.

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Lindis Pass National Park

Dans les bonnes surprises, j’ai notamment découvert Lindis Pass (photo ci-dessus). C’était un parc national complètement désertique avec d’immenses collines trapues, sur lesquelles les ménagères les plus chevronnées auraient aimé mettre un bon coup de fer à repasser.

Pour l’avant dernière nuit, j’ai dormi à Twizel, près du Lake Ruataniwha, avant de reprendre le volant pour une dernière ligne droite. Il me restait deux lacs à admirer avant d’arriver à Christchurch : le Lake Pukaki, avec une vue sur le Mount Cook et le Lake Tekapo, avec ses fleurs sublimes que j’ai été infoutu de trouver.

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Mount Cook – Lake Pukaki

La seule déception du voyage, outre la météo et le planning serré (je me suis un peu senti tel Cartman dans la Casa Bonita), fut la route entre le Lake Tekapo et Christchurch. Elle n’avait aucun intérêt. D’ailleurs, la première ville de l’île du Sud n’avait aucun intérêt non plus.
Dans les agences de voyage, on te fera miroiter une ville perdue au milieu des montagnes enneigées, avec de petits quartiers anciens et pittoresques. Que nenni. La plupart du temps, tu auras ce type de paysages urbains. C’est-à-dire une suite de zones industrielles où il y a autant de vie qu’à Rungis ou à Pontault-Combault.

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Somewhere

Une dernière chose, et ça va être un peu douloureux pour le peuple néo-zélandais, mais ça va nous faire du bien à tous. Nous tous qui galérons déjà avec l’accent australien. Arrêtez avec votre accent incompréhensible. Quand je demande du « red wine » dans l’avion, c’est inutile de me regarder avec des grands yeux de vache normande terrorisée, pour ensuite me reprendre « Aaaaah riiiiiide wine ! ». Bordel, ride (à prononcer comme read), ça veut dire lire, connasse. Je ne veux pas lire le vin, je veux le boire. Tu fais comment quand un anglais te demande l’heure qu’il est ? « It’s teen o’clock » ? Tu veux qu’il pense que c’est l’heure de se taper des adolescentes ? Et pour lui dire d’aller à gauche ? « On the lift » ? Tu veux qu’il pense qu’il est trop gros pour emprunter les escaliers ? Non. Donc rentrez dans le rang, ça vous évitera les déconvenues.

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Lake Tekapo

Pour conclure, je dirais qu’en faisant ce road trip, j’avais cette étrange impression d’être au milieu du vide et d’avoir, en même temps, plein de choses à regarder tout autour de moi.

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Somewhere

En tout, mon parcours aura fait plus de 2 000 km en une semaine. Bien que le climat néo-zélandais n’était pas de tout repos, je suis rentré avec des souvenirs plein la tête, avec pour seul regret de ne pas être resté plus longtemps et comme seule envie de revenir.


F O C U S    P H O T O G R A P H Y

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Somewhere

S U R    E T    S O U S – E X P O S I T I O N

Si tu dois prendre une photo parce que la luminosité s’y prête, prends-la. N’attends pas. Le temps change très rapidement en Nouvelle-Zélande. En outre, veille à ce que ton appareil capte toujours assez de lumière, car une photo surexposée est autant à mettre à la poubelle qu’une photo sous-exposée. Dans le premier cas, tu auras ton ciel cramé (blanc irrécupérable), dans le second, tu auras du bruit dégueulasse sur ton cliché. Certains photographes peuvent se permettre ce genre de maladresse, tel que Paolo Raeli, mais tu n’es pas un génie comme lui, tu n’es qu’un débutant, alors tu n’as pas le droit à l’erreur.
Ceci étant dit, à choisir, il vaut mieux une photo légèrement sous-exposée qu’une photo surexposée. Contrairement à la surexposition, la sous-exposition est rattrapable en postproduction, surtout si tu travailles en RAW.

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Somewhere

S A T U R A T I O N    D E S    C O U L E U R S

Par ailleurs, préfère la lumière matinale à la lumière du soir. Les couleurs y seront tout aussi contrastées mais moins saturées. Cela donnera un aspect moins tape à l’oeil et plus calme à tes photos. N’oublie pas les cours de maths de cette connasse de Madame Dussault : moins par moins donne plus. Et de la même manière qu’on ne va pas en Nouvelle-Zélande pour ses villes et sa culture, on ne va pas non plus dans ce genre de pays pour ses beaux couchers de soleil. Si tu y restes assez longtemps pour faire du Rach Stewart, grand bien te fasse mais, la plupart du temps, tu auras plutôt droit aux couleurs ternes (mais sublimes) de Michel Pieters.


A D V E R T I S E M E N T

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2 réflexions sur “At World’s End

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