Le Canada, c’est un peu le genre de pays où tu peux fumer un joint dans la rue sans que les flics t’interpellent. En revanche, si tu jettes ledit joint par terre, tu risques une amende de $575 CAD.
C’est également le genre de bled où le fromage français de qualité est assez cher.
Disons que c’est assez coûteux pour que, le soir, après le repas, tu évites de te brosser les dents dans l’ultime but de garder le goût du reblochon coincé entre tes molaires jusqu’au petit matin.
Bref, j’ai perdu 60°C en passant de l’été australien à l’hiver canadien. Il ne faisait pas loin de 40°C lorsque j’ai quitté le Red Centre, en décembre, et les températures avoisinaient les -20°C à Toronto, en janvier.
Ainsi, après une période d’hibernation intensive et puisque l’ouverture aux autres est ma raison de me lever chaque matin, j’ai décidé de me remettre à écrire mes articles pleins de finesse, d’amour, et de fraternité.
L E S C A R T E S
Pour commencer, je vais diviser la ville de Toronto pour simplifier. Il y a ce qu’on appelle la Greater Toronto Area (GTA) qui se divise en 5 grandes parties dont la « City of Toronto ». Je ne vais m’intéresser qu’à cette dernière puisque, autour, il n’y a que des pauvres et des banlieusards incultes.
Ici, il est d’utilité publique de rediviser la city en plusieurs parties pour une meilleure compréhension de la mégalopole. Nous allons donc nous intéresser essentiellement à ces différents quartiers :
AVERTISSEMENT : NE LIS PAS LE PARAGRAPHE CI-DESSOUS, C’EST CHIANT :
En réalité, c’est un peu plus compliqué que cela. L’extrême Est de la city (Scarborough), le Nord (North York) et l’extrême Ouest (Etobicoke) possèdent tous les trois des rues animées (voire des plages qui donnent sur le lac), à l’instar de Brooklyn à New York. En outre, les habitants de Toronto ont tendance à appeler downtown tout ce qui est en dessous de North York. Les appellations de type « midtown » ou « uptown » n’existent pas vraiment dans les cartes de Toronto et, ainsi, on trouvera plus facilement des noms de quartiers tel que Trinity Bellwoods, Little Portugal et Little Italy à l’Ouest, Cabbagetown ou Greektown à l’Est, The Annex au Nord et Chinatown au centre.
Pour finir, il existe également, à l’extrême Sud de la city, dans le lac Ontario, des îles sur lesquelles les Torontois se rendent en famille, lorsque les températures dépassent les -40°C, pour faire un barbecue et admirer la skyline.
Tu me suis ? C’est pour cette raison que je ne vais absolument pas me faire chier à te détailler chaque quartier. Je vais plutôt exprimer mon avis général sur cette ville et sur ce que j’ai découvert de la « culture canadienne ».
« Quand on est emmerdé par une affaire, il faut susciter une affaire dans l’affaire, et si nécessaire une autre affaire dans l’affaire de l’affaire, jusqu’à ce que personne n’y comprenne plus rien. »
– Charles Pasqua
VOILÀ, PASSE DIRECTEMENT À L’INTRO, ÇA VA PARLER DE PUTES ET DE CRACK.
NON, JE DÉCONNE. JUSTE DE CRACK.
T H E C I T Y
I N T R O D U C T I O N

Je suis dans le pays de Devin Townsend et de Neil Young.
Je suis dans cette ville qui comptait une trentaine de gratte-ciels il y a dix ans, qui en comptabilise aujourd’hui une centaine de plus et qui en prévoit près de trois cents supplémentaires dans les dix prochaines années.
Je suis dans ce pays considéré par les uns comme une terre d’accueil, multiculturelle, belle et pacifique (voire pacifiste) et, inversement par les autres, comme le pays de prédilection des grosses tarlouzes qui passent leur temps à présenter des excuses (et à, accessoirement, accepter toutes les dérives communautaires dont les réactionnaires en tout genre se seraient bien passés).
Et même si j’ai un penchant pour la première observation, force est de constater qu’il vaut mieux éviter de parler anglais à Québec et que le nombre de fusillades à Toronto va bon train.

Je suis dans cette ville qui sent la weed à tous les carrefours. Je suis proche de Sherbourne Street et de Jarvis Street, deux rues peuplées par les plus gros cas sociaux de Toronto.
Contrairement à New York et à Moscou, où les SDF finissent respectivement dans les égouts et dans les goulags, les maires successifs de Toronto ont jugé bon de laisser ces parias errer dans les rues, près des centres d’accueil de l’Armée du salut.
En ce qui concerne les crackheads, le problème est réglé de manière surprenante : plutôt que d’investir massivement dans des centres de désintoxication, le Canada préfère légiférer sur la légalisation de toutes les drogues et, ainsi, accompagner les toxicomanes pour qu’ils ne fassent pas d’overdose.
En effet, selon Santé Canada, quelque 4 000 Canadiens ont succombé à une apparente surdose d’opioïdes en 2017. La Ville de Toronto avait alors recensé 303 cas (soit une hausse de 63 % par rapport à l’année précédente).
Puis bon, reconnaissons-le, ça sert aussi (et surtout) à les tenir tranquilles :
Ainsi, ces marginaux sont nombreux mais peu agressifs. De temps en temps, tu les entendras juste hurler la nuit, dans la rue, au milieu des ratons laveurs, de jolis poèmes ponctués d’un « Fuck you little cunt! Goddamn it! »*.
Bien souvent, ces ballades délicieuses surviennent à la suite d’un KFC un peu trop arrosé, parce que le vendeur d’alcool refuse de servir des personnes déjà éméchées.
Tu les verras aussi fouiller régulièrement dans les poubelles, non pas pour trouver de la nourriture mais pour récupérer les bouteilles consignées. Oui, les SDF de Toronto sont écolos.
* « Allez-vous-en, Madame ! Ventre-saint-gris ! ».
L E S C O M M E R C E S

Faire ses courses à Toronto nécessite de faire la distinction entre trois magasins principaux : No Frills, Metro et Loblaws.
No Frills, comme son nom l’indique, c’est pour les pauvres. Metro, c’est pour la classe moyenne et, Loblaws, c’est pour les riches.
Pour les très riches, il existe des épiceries bio où tu peux payer en hypothèques de maison.
D’habitude, je fais mes courses à Loblaws. Non pas parce que je suis riche mais par pur snobisme afin d’éviter l’amas de gueux chez No Frills qui, bien souvent, tient plus de la cour des Miracles que du supermarché.

À l’instar des États-Unis, il est tout à fait possible d’acheter des cigarettes dans certains de ces supermarchés. J’ai expérimenté cela lorsque j’ai dû affronter la pénible nécessité de me rendre dans un Metro, à cause d’un manque cruel de nicotine vers 22 heures, et disons que j’ai été quelque peu surpris :
Bon, j’ai romancé un peu pour accrocher le lecteur mais c’est une histoire vraie.
C’est également le genre de pays où l’on oblige les habitants à posséder une carte de crédit pour prouver qu’ils sont de « bons payeurs ».
En France, on a généralement une carte de débit qui nous autorise un découvert plus ou moins important selon nos revenus mensuels, mais avec laquelle on paie nos courses à l’aide de notre propre argent.
Au Canada, on prouve qu’on est un bon payeur en remboursant les intérêts de toutes les conneries qu’on est obligés de consommer à crédit pour pouvoir, à terme, acheter un appartement ou une bagnole.
Oui, c’est du vol pur et dur.
Les cartes de débit canadiennes sont globalement acceptées dans tous les commerces mais payer en ligne ou louer une voiture avec relève du parcours du combattant.

C’est ainsi que je me suis retrouvé dans un convenience store* qui refusait ma carte VISA lorsque j’ai débarqué à Toronto, parce que cette dernière était considérée comme une carte de crédit. Il ne me manquait que quelques dollars en poche pour pouvoir payer en liquide et ça la foutait mal pour un snob qui aurait préféré voyager debout en première classe, plutôt qu’assis en seconde.
* Sorte d’arabe du coin mais généralement tenu par un chinois.
Du coup, tu te dis que les canadiens disent un truc du genre « the Chinese at the corner » mais il n’en est rien. Ils disent simplement « corner store » ou « convenience store ». Oui, le canadien n’est tellement pas raciste que ça en devient chiant.
O Ù M A N G E R C O R R E C T E M E N T À T O R O N T O ?

En voyageant dans les pays anglo-saxons, je me suis fait la réflexion suivante : le fait que leur bouffe soit de la daube infâme reflète parfaitement l’état des notes des restaurants sur Google. Il y a de très bonnes notes pour des restaurants médiocres, voire carrément mauvais. Il est donc parfaitement inutile de s’y fier.
Ainsi, je t’ai fait une petite sélection spéciale snob :
L E B A R A T I N €€
1600 Dundas St. W – Toronto, ON – M6K 1T8
Français
Assiettes de charcuterie et de fromages pour des prix corrects.
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R I C H M O N D S T A T I O N €€€
1 Richmond St. W – Toronto, ON – M5H 3W4
Canadien
Assiettes de charcuterie et de fromages pour des prix moins corrects mais pour une sélection plus soignée.
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V A G A B O N D O €
32 Wellington St. E – Toronto, ON – M5E 1C6
Italien
Gastronomie italienne (pizzas, pâtes, charcuterie…) pour des prix abordables.
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T H E I R V G A S T R O P U B €
195 Carlton St. – Toronto, ON – M5A 2K7
Canadien
De la bière pas chère (environ $5 CAD la pinte) et des burgers maison concoctés à partir des produits achetés aux commerçants du quartier.
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S A I N T L A W R E N C E M A R K E T €€
93 Front St. E – Toronto, ON – M5E 1C3
Cuisines du Monde
Grand marché situé dans le Sud de la city, qui dispose d’un large choix de produits du monde entier (y compris du fromage français introuvable en supermarché).
L A V I E Q U O T I D I E N N E

Dans l’ensemble, on ne peut pas dire que Toronto soit une ville à visiter. Tout le monde s’accorde à dire que c’est une ville dans laquelle il faut vivre pour apprécier ses différents quartiers.
À l’exception de quelques rues dans le sud de la city (notamment Queen Street, King Street et Front Street), ou dans le centre (Yonge Street et Dundas Street), le reste de la ville n’est pas très accueillant. Quelques bâtiments atypiques, certes, mais on se retrouve rapidement dans des zones industrielles froides et sans vie, où seule une vue sur la city peut créer un espoir aux banlieusards d’aspirer à une vie moins monotone.
Et encore, mis à part Dundas Street East, je ne suis pas allé visiter les rues de cet article.

Petit coup de coeur quand même pour le quartier de Cabbagetown et ses alentours, ainsi que les quartiers de Trinity Bellwoods et de The Annex, qui disposent tous les trois de commerces de proximité et spécialisés, de bars atypiques et de quelques festivals.
Même s’il faut reconnaître que Toronto est plus une ville business que culture, 2 événements annuels ont particulièrement retenu mon attention : Le TIFF (Toronto International Film Festival, un peu partout dans la ville) et le Wildlife Photographer of the Year au ROM (Royal Ontario Museum).
Note que pour aller voir ce dernier événement, tu devras payer l’entrée de l’expo PLUS l’entrée du musée. Sachant que c’est un musée d’histoire naturelle comme il en existe déjà dans toutes les grandes villes mondiales. Je ne parle même pas du prix des places pour le TIFF.

On trouvera également quelques petits musées, galeries d’art et salles de spectacles/concerts. Le plus important des musées est l’AGO (Art Gallery of Ontario, à prononcer aye-dgi-o, gratuit le mercredi soir), où une petite collection de classiques vaut le détour.
En outre, si on considère le sport comme une culture, le Rogers Centre offre la possibilité d’assister à des matchs de baseball, de basketball, de catch et de football canadien.
À l’heure où j’écris ces lignes, je n’ai toujours pas compris la différence entre le football américain et le football canadien. Et j’en ai rien à foutre.
Ce stade omnisports offre également la possibilité d’assister à des concerts et à quelques expositions.
Si tu ne veux pas te ruiner en allant voir les meilleures équipes, il est toujours possible d’aller voir les équipes B dans des stades plus petits pour une trentaine de dollars.
Personnellement, pour l’avoir expérimenté, je conseille le hockey. Un sport où les spectateurs attendent avec impatience que les joueurs se foutent sur la gueule en bouffant leur hod-dog de gros lard, avachis sur leur siège en PVC est toujours, d’un point de vue purement sociologique, passionnant.
Toujours.

Cependant, le Canada n’a pas de culture propre.
Désolé les gars mais, justement, à part avoir inventé le hockey sur glace, je ne vois pas trop ce qui vous différencie du pays de l’oncle Sam.
Je ne compte même plus tous les points communs avec les Etats-Unis : bus scolaires jaunes, Times Square local, les mêmes modèles de voiture, la même musique, la même nourriture infecte, les mêmes sports, la même langue, la même religion dominante… En somme, le même mode de vie.
Quant à leurs villes, elles sont toutes calquées sur le modèle américain : un hyper centre (CBD) avec de grands buildings comme symbole de puissance économique, des condos de luxe et des appartements autour du CBD dans d’autres grands buildings, des pavillons chics de banlieue proche lorsqu’on s’éloigne un peu du centre ville et, enfin, une banlieue lointaine et sans vie, où les seules activités des habitants sont de regarder la télé et d’aller dépenser leur argent le weekend, dans le centre commercial le plus proche.
Et de faire du sport pour beaucoup d’entre eux, certes.

En revanche, c’est en vivant parmi les Canadiens qu’on se rend compte de la gentillesse de ces derniers. Et si Fuzati nous demande s’il n’y a « que dans les crématoriums qu’on trouve de la chaleur humaine ? », force est de constater qu’à Toronto, même les SDF sont d’une gentillesse rare.
Loin de moi l’idée de penser qu’ils ne seraient pas sympathiques dans d’autres pays, ils n’ont, vraisemblablement, pas l’air très rancuniers face à leur situation. Par ailleurs, chacun arborera fièrement le drapeau canadien.
Oui, les canadiens sont très fiers de leur pays. Ainsi, on retrouve des drapeaux un peu partout : sur les manteaux, les pulls, les bonnets, les fauteuils électriques roulants, sur le barbecue et sur le chien.
Personnellement, je me suis toujours demandé comment on pouvait être fier d’appartenir à un pays fondé sur un génocide.
Ben ouais, regarde, nous, on a peut-être entassé quelques juifs dans un gymnase en 42 et les noirs ont fait nos courses et notre ménage pendant 400 ans, mais notre pays s’est fondé avec des barbares qui ont fait plier l’Empire Romain. Celui-là même qui avait envahi nos ancêtres les Gaulois. Y a pas à dire, on part quand même sur des bases plus saines.

Pour finir, j’ai rarement vécu dans une ville où une fille pouvait se promener en mini-jupe avec des talons de 12 centimètres de haut et passer à côté d’un groupe de crackheads sans avoir la moindre réflexion.
A L G O N Q U I N P R O V I N C I A L P A R K

À quelques heures en voiture de la mégalopole canadienne, Algonquin Provincial Park est sans nul doute le plus beau coin de verdure dans lequel se ressourcer après de longues semaines de travail acharné.



Parc magnifique, certes, mais prends tout de même garde aux touristes qui feront tous (et en masse) la même photo de fils de pute bidon pendant l’été indien :

« Agaga sai tro bo lé feuyes qui tonbe dé arbre 😍 ! »
Ben ouais, ça s’appelle l’automne, connard. Allez, dégage.
N I A G A R A F A L L S

À seulement une heure et demie en voiture du centre de Toronto, les célèbres chutes du Niagara font partie des incontournables de l’Ontario. Elles restent très impressionnantes mais deux choses m’ont laissé sans voix :
La première, c’est le paysage urbain autour des chutes qui ressemble à un mauvais film de science-fiction post-apocalyptique, rempli de restaurants bas de gamme et de casinos.
La deuxième, c’est parce que j’en ai sincèrement plein le cul qu’on bousille des lieux naturels avec des artifices bidons.

Ainsi, tu auras le droit à un éclairage dégueulasse et un feu d’artifice minable attrape-touristes tous les soirs de la semaine. Tu pourras même acheter de « l’eau colorée » provenant des chutes du Niagara.
Sans voix, disais-je.
F O C U S P H O T O G R A P H Y

L E M Y T H E D E L A R E T O U C H E P H O T O
Cette fois, la partie Focus Photography sera sous forme de vidéo. J’inaugure ainsi le début de ma chaîne YouTube. La première vidéo sera consacrée au mythe de la retouche photo « trompeuse » et « facile » :
A D V E R T I S E M E N T
N’hésite pas à suivre ma page Facebook, mon compte Instagram et à t’abonner à mon blog (bouton bleu dans la sidebar) ! Je me débrouille toujours pour que mes articles soient lisibles en 5 minutes. C’est le temps en moyenne qu’un être humain passe à :
- Sa pause clope
Si t’en as rien à branler de ce que racontent tes collègues.
- Attendre son métro
Franchement, entre ça et le 20 Minutes…
- Coïter
Si tu t’ennuies.
- Aux toilettes
Le lieu idéal.
- Lire autre chose que mon blog
Rigoureusement interdit !
J’ai adoré et j’ai ri, parfait ! 😊
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Pouce en l’air
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J’ai passé une bonne heure dessus Et pour finir sur la vidéo sur YouTube j’ai passé un agréablement moment C’est bien fait c’est drôle même des fois très drôle c’est passionnant est vraiment très bien raconter et j’aime bien les mises en situation 😊
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